94 – Édito par Charles Kempf

Publié par le 31 Mar 2014 dans Éditos

94 – Édito par Charles Kempf

Cher lecteurs, La Revue Spirite entame, avec ce numéro, sa 157° année depuis sa création par Allan Kardec le 1° janvier 1858. 2014 sera aussi l’année des 150 ans du troisième livre d’Allan Kardec, l’Évangile selon le Spiritisme, anniversaire commémoré dans le Mouvement Spirite de par le monde. Ce livre, qui contient la partie morale de la philosophie spirite, fait suite au Livre des Esprits qui en contient les bases, et au Livre des Médiums qui en contient la partie pratique et expérimentale. Allan Kardec a adopté cette séquence parce qu’elle correspond à la démarche la plus naturelle, dans la culture européenne, pour l’acquisition des connaissances : les deux premiers sont d’abord venus parler à l’intellect, puis l’Évangile est venu parler au cœur des personnes. Aujourd’hui, on ne parle plus seulement du QI (Quotient Intellectuel), mais aussi du QE (Quotient Émotionnel) ou de l’IE (Intelligence Émotionnelle) qui prend de plus en plus d’importance. Le progrès intellectuel a été fantastique et indéniable au cours des derniers siècles, notamment dans les sciences et technologies. Mais, au vu des événements tragiques qui secouent encore le monde de nos jours, de la corruption, des inégalités qui ont atteint un niveau sans précédenti, de la pollution, de l’ambition démesurée du pouvoir, on peut dire sans exagérer que le progrès moral a pris un temps de retard sur le progrès intellectuel. Cette situation inquiétait déjà Albert Einstein qui disait : « La science sans religion est aveugle, la religion sans science est boiteuse. » Au siècle dernier, notamment avec l’apparition de la bombe atomique, l’homme a pris conscience qu’il pouvait détruire sa planète au point de la rendre inhabitable. Cependant, la philosophie spirite nous enseigne que le progrès moral est la conséquence du progrès intellectuel, « mais il ne le suit pas toujours immédiatement.ii » Le progrès intellectuel conduit au progrès moral « (…) en faisant comprendre le bien et le mal ; l’homme, alors, peut choisir. Le développement du libre arbitre suit le développement de l’intelligence et augmente la responsabilité des actes.iii » On peut se demander quel est le plus grand obstacle à ce progrès ? Un Esprit a répondu ce qui suit à Allan Kardeciv : « L’orgueil et l’égoïsme ; je veux parler du progrès moral, car le progrès intellectuel marche toujours ; il semble même au premier abord donner à ces vices un redoublement d’activité en développant l’ambition et l’amour des richesses qui, à leur tour, excitent l’homme aux recherches qui éclairent son Esprit. C’est ainsi que tout se tient dans le monde moral comme dans le monde physique, et que du mal même peut sortir le bien ; mais cet état de choses n’aura qu’un temps ; il changera à mesure que l’homme comprendra mieux qu’il y a en dehors de la jouissance des biens terrestres un bonheur infiniment plus grand et infiniment plus durable. » Or, n’est-ce pas ce...

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